vendredi 21 avril 2017

Crash d'un B24 à Nancy le 31 juillet 1944


Le B-24 "Hula Wahine II"
Illustration : flugzeugabsürtze-saarland.de
B-24  N°42-52467 "Hula Wahine II"  446e  BG-704e BS
MACR 7826
Ce B-24 ne s’est pas écrasé en Ardenne ni même en Belgique, mais son histoire a attiré notre attention car une de ses photos a été trouvée à Villers-la-Bonne-Eau.
Le 31 juillet 1944, le B-24 piloté par Emil Berry fut atteint par la flak en bombardant Ludwigshafen. Le Lt Berry tenta d’atteindre la France avec son avion endommagé, mais il dut donner l’ordre d’évacuation avant d’avoir atteint ce pays.
EQUIPAGE du 42-52467

Pilote

Lt
Emil BERRY
Tué
Co-pilote
Lt
John B. GOOD

Tué

Navigateur
Lt
Gilbert H. RUBENSTEIN
PG
Bombardier
S/Sgt
Jack W. WOODS
PG
Mécanicien
T/Sgt
Jack W. SANDERS
PG
Radio
T/Sgt
Tom MONSULICK
PG
Mitrailleur latéral
S/Sgt
Virgil R. HUDDLESTON
PG
Mitrailleur latéral
S/Sgt
John C. CARSWELL
PG
Mitrailleur ventral
S/Sgt
Stanley J. KUDLO
PG
Mitrailleur arrière
S/Sgt
Lewis E. PULSIPHER
Tué

La photo trouvée à Villers-la-Bonne-Eau est en partie déchirée, mais les visages sont nettement visibles.















ATTENTION: L’équipage figurant sur la photo n’est peut-être pas celui qui participa à la mission fatale. Les précisions demandées au 446e Bomb Group tardent à nous parvenir.

La photo entière est parue sur le site b24bestweb.com
Elle est malheureusement floue et on ne voit pas clairement les deux aviateurs manquants sur la photo déchirée
LA DERNIERE MISSION DU « HULA WAHINE II »

Les informations relatant cette histoire ont été extraites de l’article suivant :

« Du bist als nächster an der Reihe »  Erschiessung von Fliegern im Raum Saarbrücken
par Klaus Zimmer

Article paru sur le site  http://www.flugzeugabstuerze-saarland.de

Le 31 juillet 1944 est une journée d'été fraîche et le ciel est couvert. La température est seulement de 15° C.
Une fois de plus, les énormes bombardiers américains sont en route vers leurs destinations en Allemagne. Près de 1200 bombardiers lourds (12000 hommes d’équipage) sont en vol et 550 chasseurs les accompagnent.

La première formation survole notre territoire vers midi en direction de Munich. Suivent alors d’autres bombardiers, environ 500 Liberators B-24.
A 12h41, ils se trouvent au dessus de Idar-Oberstein, à 12h47 près de Kaiserslautern, à 12h50 près de Grünstatd. Maintenant leur objectif est clair: Ludwigshafen.
Lorsqu’ils survolaient toujours Kaiserslautern, toutes les précautions sont prises pour protéger Ludwigshafen. La Flak, intense et précise comme le spécifie les rapports américains, est prête à tirer sur les avions venant de l’ouest et sud ouest.

Cependant, toutes ces mesures ne peuvent pas empêcher les avions de larguer leurs bombes.
Les bombardiers passeront en 3 vagues entre 12h54 et 13h18, larguant environ 12000 bombes. Il s’agit de la plus importante attaque sur Ludwigshafen.
La gare et l’usine I.G.Farben furent particulièrement touchées.

Le « Hula Wahiné II » portant le N° 42-52467 et piloté par le Lt Berry faisait partie de la formation. Le Lt Berry et ses hommes étaient en service depuis à peine 3 semaines, mais ils en étaient déjà à leur 8e mission.

Une exception est Jack W. Woods, le bombardier. Il a été le premier membre de cet équipage, il effectuait sa 30e mission à la fin de laquelle il pouvait retourner aux Etats Unis.
Mais le sort en décida autrement, le « Hula Wahine II » ne revint pas à la base en Angleterre.  « Personne ne peut fournir des informations sur la disparition de cet appareil » indique succinctement le rapport américain.

Mais aujourd'hui nous savons ce qui est arrivé.

Ce 31 juillet 1944, le navigateur habituel de l’équipage du Lt Berry était en formation
de sorte que Gilbert M. Rubenstein, le bombardier, qui avait en plus des compétences en navigation, se porta volontaire pour le remplacer.
Auparavant, Rubenstein avait déjà assuré le Lt Berry qu’il était prêt à assurer la fonction de navigateur en cas de nécessité. Le moment était venu de faire ses preuves.

Comme prévu,  le « Hula Wahiné II » décolla le matin à 09h25 de la base Bungay, et rejoignit la formation à 11h15 au dessus de sur Great Yarmouth. La formation se dirigea alors à 11h44 vers la côte française à une altitude de 7600 m. Direction: Ludwigshafen.

- Mais les problèmes commencèrent bientôt, ainsi que le raconte Jack Woods :
 « Lorsque la cible approcha, le système de largage des bombes fut activé, mais les bombes ne tombèrent pas. Le Lt Berry ordonna alors à notre navigateur Rubenstein de les débloquer avec la poignée appropriée.
Pendant ce temps, nous volions tout droit et nous ne suivions plus les autres avions. Juste au moment où les bombes tombèrent finalement, nous fûmes touchés par la flak ce qui mit les moteurs 3 et 4 hors service. Notre pilote dut utiliser toute son expérience de pilotage pour maintenir le B-24 en vol. Nous jetâmes tout ce qui était superflu par dessus bord afin d’alléger l’avion: munitions, mitrailleuses, vestes anti flak, équipements de vol. »

Après avoir quitté la formation, le B-24 continua de perdre de l’altitude malgré toutes les mesures prises. Le Liberator, qui volait maintenant seul, se dirigeait comme prévu initialement vers le nord ouest en direction de la Belgique et de l’Angleterre.

A de multiples reprises, le Lt Berry essaya désespérément d’obtenir le plus rapidement possible de Rubenstein un cap pour se diriger vers une zone de France occupée par les alliés.

Mais Rubenstein était submergé par cela. Un temps précieux passa. Lorsque, après 10 minutes, ils se trouvaient approximativement au dessus de Meisenheim am Glan,  ils entamèrent un virage en direction du sud ouest sur la ligne Idar-Oberstein, St Wendel, Illingen et Saarbrücken en direction de la France. Mais il était déjà trop tard. Quand ils furent descendus à 3500 m d’altitude, il ne resta plus au Lt Berry qu’à donner l’ordre d’évacuation.

- Le mitrailleur latéral Huddleston raconte:
« Le co-pilote Good se déplaça alors afin de quitter son siège. Mais Berry lui dit : Reste ici, j’ai besoin de toi pour garder l’avion en ligne droite. Berry a ensuite repris les commandes pour empêcher l'avion de partir en vrille. Je partis à l’arrière et j’ouvris la trappe d’évacuation située dans le fond près de la queue. Le mitrailleur arrière, Pulpisher, quitta son poste. Le mitrailleur ventral, Kudlo, se signa plusieurs fois. Je vis alors le bombardier Jack Woods quitter l’avion. Je détachai alors rapidement la prise électrique de ma combinaison chauffante et je sautai aussi, les pieds en avant. »

Huddleston atterrit finalement dans le « Eicheneck » près de Göttschied  un quartier de la ville de Idar-Oberstein. Durant les dernières années, il a plusieurs fois visité Idar-Oberstein et parlé avec des témoins oculaires.

Woods a aussi atterri près de Idar-Oberstein et il fut conduit le lendemain au centre d’interrogatoire de Oberursel (près de Francfort) en même temps que Huddleston.

Kudlo fut capturé près de Hüttigweiler .

Il n’y a pas de détails concernant le cas de l’opérateur radio Monsulick. Après avoir atterri dans une zone boisée, il entendit trois coups de fusils, puis encore deux.
Il put encore se cacher 3 jours avant d’être capturé, mais nous ne savons pas où.

Lors de leur entrée dans la gare de Francfort, Huddleston et Woods rencontrèrent par hasard leur navigateur Rubenstein accompagné de gardes. Rubenstein paraissait excité et anxieux et leur cria : « N’oubliez pas que vous m’avez vu encore vivant ». Il avait peur à cause se son ascendance juive. Par la suite, cette inquiétude se révéla non fondée.

A Oberursel, l’officier qui les interrogeait leur dit que  Berry, Good et Pulsipher avaient été tués par des civils et que leur avion était tombé à Aachen.

Les informations reçues n’étaient que partiellement vraies. Nous sommes maintenant en mesure de mieux détailler ce qui est arrivé à  Berry, Good et Pulsipher.

Le mitrailleur arrière, Lewis E. Pulsipher atterrit près de Neunkirchen et fut capturé par la Police de cette ville. Le pilote Emil Berry et le co-pilote John B. Good restèrent encore quelques minutes à bord du B-24 et évacuèrent l’appareil seulement près de Saarbrücken.

Le Lt Berry était légèrement blessé. Il fut arrêté par la Police et conduit au poste de police de Burbach, tandis que Good se retrouva finalement au poste de Police de Malstatt.

Dans l’après midi du même jour, l’ordre fut donné d’exécuter Berry et Good sous prétexte de tentative d’évasion.


Le même sort attendait Lewis Pulsipher, il fut exécuté dans les bois de Bilstock sous le même prétexte.
Deux mois à peine avant sa mort tragique il apprit qu’il était le père de deux jumeaux dont il ne reçut jamais les photos envoyées par sa femme.

Le B-24, le « Hula Wahine II », arriva jusque Rémeréville où il s’écrasa et fut complètement détruit. Ce bombardier a donc encore volé seul durant près de 70 km.


Deux noms manquent dans ce récit : 
 Jack W. Sanders
 John C. Carswell
Nous savons qu’ils furent aussi faits prisonniers et qu’ils survécurent à la guerre, mais aucun détail supplémentaire n’est donné concernant leur sort à la date du 31 juillet 1944.


INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES

Interview du S/Sgt Rudy Huddleston. 
News Times, El Dorado, Arkansas, Volume 106, Number 32 - By Shea Wilson
(Article paru sur le site du Walker Aviation Museum – Roswell)

Quand le bombardier de Rudy Huddleston’s fut abattu en Allemagne en 1944, il était convaincu qu’il pourrait s’échapper et rejoindre rapidement le territoire allié. Il n’avait jamais pensé qu’il serait capturé et qu’il deviendrait un prisonnier de guerre. Il n’aurait certainement jamais imaginé ce qui était arrivé à quelques uns de ses coéquipiers.

50 ans plus tard, après avoir découvert que 3 hommes de son bombardier avaient été exécutés après leur capture, Huddleston fut heureux d’être encore en vie.

Comme étudiant à l’Ecole Supérieure de El Dorado, Virgil Rudolph « Rudy » Huddleston devint un membre de le la « Civil Air Patrol », ce qui l’amena à rejoindre l’armée et devint mitrailleur sur un bombardier.

Ayant terminé son entraînement, l’équipage de Huddleston arriva dans sa base anglaise dans le Suffolk, à 113 miles au nord est de Londres. L’équipage fut assigné au 704e Bomb Squadron du 446e Bomb Group.

Le Bomb Group de Huddleston effectua des missions au dessus de la France et de l’Allemagne, y compris des missions de support aux troupes américaines à Saint-Lô en Normandie.

Le 31 juillet, l’ordre fut donné d’aller bombarder l’usine chimique I.G. Farben à Ludwigshafen. Durant cette mission, l’avion de Huddleston piloté par le Lt Emil Berry fut touché par la flak dans deux de ses moteurs.

« Nous fûmes abattus » raconta Huddleston dans un interview téléphonique depuis son domicile de Dallas. Il y eu beaucoup d’avions tellement endommagés qu’ils ne réussirent pas à rentrer à la base.

« Après avoir eu deux moteurs hors service, nous commençâmes à perdre de l’altitude.
A ce moment, Berry dit aux hommes de faire tout ce qui était possible pour alléger l’avion. » Huddleston dit qu’ils eurent l’ordre d’évacuer l’avion à une altitude de 10000 pieds. Il sauta et traversa des nuages avant d’ouvrir son parachute et d’atterrir dans un grand sapin. Il se dégagea et dispersa son équipement sur une grande surface.
Il avait atterri près de Idar-Oberstein.

« Je fis exactement ce qu’il m’avait été enseigné dans les cours d’évasion quand on est incapable de cacher son parachute, car je savais que cela aurait été comme un drapeau rouge  pour ceux qui me chercheraient. Je partis dans une direction et dispersai mes bottes de vol, ma jaquette et mon écharpe à une distance de 100 pieds environ. Je retournai alors près de l’arbre, tournai autour plusieurs fois, puis je partis dans une autre direction en cherchant un endroit pour me cacher jusqu’à la nuit ».

Huddleston repéra une sapinière assez dense, il se coucha et se couvrit d’aiguilles.
Il raconta  qu'il avait observé un garçon et un homme fouillant la région et qui hurlaient "hauts les mains" de temps en temps. Mais, après plusieurs heures, il a commencé à se sentir confiant et pensait qu’il allait arriver en France.

« Suffisamment de temps s’était écoulé et je me sentis confiant et capable de commencer à me déplacer quand il ferait sombre, de me cacher pendant la journée, et de me diriger vers la France la nuit ».
Mais juste quand il se mit en route, il fut approché par un petit chien.

« Il n’a pas grogné, il m’a juste regardé. J'ai reconnu la forme du chien comme un teckel, mais je n'en n’avais  jamais vu avec de si longs poils et des marques noires et brunes .
Environ une minute plus tard, un homme plus âgé en uniforme a progressé à travers les branches jusqu'à ce qu'il soit à deux pieds du chien. Je ne bougeais toujours pas, en espérant qu'il ne me voyait pas. »

Mais l'homme l'avait vu.
Cet homme, qui s’avéra être un forestier, l’arrêta et il fut transféré chez SS  qui le menacèrent et l’interrogèrent avant d’être emmené dans un camp de prisonniers. Il y resta jusqu’à ce qu’il s’évada le 25 avril 1945 avec un coéquipier. Ils marchèrent de nuit, se cachèrent le jour et ils atteignirent les troupes américaines de 02 mai 1945.

Les équipes de recherche ont capturé Rudy Huddleston (à gauche). Certains le menacent, mais le forestier se place devant l’aviateur pour le protéger et le livre à l’Officier de Police
Après sa capture, on raconta à Huddleston que le pilote, le co pilote et le mitrailleur arrière de son équipage avaient été tués par des civils à Saarbrücken et que l’avion s’était écrasé dans la ville.

Mais après avoir recherché pendant des années à rassembler les différents informations et après plusieurs voyages en Allemagne, Huddleston découvrit finalement ce qu’il s’était réellement passé durant l’été 1944. Un fonctionnaire allemand qui avait été le témoin des tortures et de l’exécution de plusieurs aviateurs américain avait signalé les faits.
En 1992, ces informations furent déclassifiées et Huddleston apprit que 3 hommes de son Squadron, le Lt Berry, le Lt. John B. Good and le S/Sgt Lewis E. Pulsipher, avaient été exécutés.

Après la guerre, trois allemands responsables des tueries furent jugés par la Cour Militaire de l’Office des Crimes de Guerre et déclarés coupables. Les trois SS furent exécutés en octobre 1948.

Huddleston raconta qu’il réalisait à présent qu’il avait eut la grande chance de pouvoir quitter l’Allemagne vivant. Il avait 19 ans au moment de sa capture et, à cette époque, il n’avait jamais pensé qu’il pouvait être fait prisonnier.

« Je pensais que j’allais m’échapper, j’avais eu des cours, j’avais mon kit d’évasion et je pensais que j’allais réussir. Quand ils nous disaient ce qu’il fallait faire, ils ne nous dire pas qu’un seul sur 500 réussissait. Je pensais que j’étais probablement le seul a être capturé, mais quand j’arrivai au camp de prisonniers, il y en avait plus de 10000. 

John E. MONSULICK
(Article paru sur le site: http://www.combatvets.net)

John E. Monsulick est né le 25 July 1918 à St. Clair, PA.
Il fut engagé à l’armée le 30 mars 1942. Il reçut une formation d’opérateur radio/mitrailleur à San Antonio, Texas, et fut assigné au 446e  BG stationné en Angleterre.
Lors d’un bombardement de Ludwigshaven, en Allemagne, le 31 juillet1944, son B-24 fut sérieusement endommagé par les tirs anti aériens et l’ordre fut donné d’évacuer l’avion. Le pilote et le co-pilote étaient tous les deux aux commandes quand ils ont été vus pour la dernière fois, quand le T/Sgt. Monsulick sauta.
Lorsqu’il atteint le sol, il entendit des cris et des coups de fusil, puis plus rien.
Il échappa à la capture durant 3 jours, mais fut finalement arrêté par la police civile locale.
Il fut détenu au Stalag Luft IV. C’est là qu’il apprit le sort de plusieurs de ses coéquipiers, exécutés par les SS. Entre janvier et février 1945 il fut impliqué dans une marche forcée qui reçut plus tard le nom de « marche noire ».
Après avoir souffert du froid, de la faim et parfois de traitements cruels, il fut finalement libéré en mai 1945.

Son B-24 fut localisé près de Rémeréville, en France, quelques années après la guerre. 

mardi 18 avril 2017

Crash d'un P-47 à Bertrix le 30 déc.1943

P-47D  -  N° 42-74636  353e FG - 352e FS

MACR 1866

Le 30 décembre 1943, le 352e Fighter Squadron du 353e Fighter Group décollait de sa base de Metfied (Angleterre) pour une mission d’escorte de bombardiers. Au retour de cette mission, le Lt Russell E. Moriarty fut porté manquant.

Témoignage du 1Lt William Streit :
Je volais en position Wakeford Red 3. Le Lt Moriarty volait en position Wakeford Red 4, près de moi. Nous escortions le premier groupe de bombardiers quand un appel vint du deuxième groupe signalant qu’il avait des ennuis. Le Flight Wakeford White vira de 180° puis je tournai vers la gauche avec le Lt Moriarty, nous étions les deux derniers avions. 

Quatre FW190 allemands arrivèrent dans notre dos en venant du soleil. J’appelai le Lt Moriarty afin qu’il dégage avec moi. Nous dégageâmes dans le groupe d’avions et nous commençâmes un combat aérien. Après deux tours de 360°, je fus en position de tirer sur un chasseur ennemi. A ce moment ils montèrent brusquement  puis tournèrent et redescendirent.
J’appelai alors le Lt Moriarty et il répondit. Je lui donnai ma position et je lui demandai la sienne, mais je n’eus jamais de réponse. Mon opinion était qu’il avait plongé après les chasseurs ennemis. C’est au moment où nous avons dégagé que je vis le Lt Moriarty pour la dernière fois.

Les quatre FW190 volaient en formation et je les quittai définitivement.

Ceci se passa dans la région de Charleville, France, à une altitude de 24000 pieds, entre 11h10 et 11h20.

Témoignage du Capt Thomas J. Forkin:
Je volais en position de Wakeford Red Leader. Moriarty était le N° 4 dans le flight. Nous venions juste de terminer de chasser six avions ennemis 15000 pieds plus bas et nous remontions vers notre position d’escorte rapprochée du groupe de tête des bombardiers. A la radion il y eut un appel  à l’aide du Squadron escortant le deuxième groupe. Je virai vers le soleil pour aller aider. C’est au début de ce virage que je vis le Lt Moriarty pour la dernière fois. Je n’étais pas au courant que des avions ennemis venaient du soleil, mais je découvris plus tard que mon second élément avait été attaqué dans ce virage. Il n’y avait pas mal de conversations à la radio et je ne reçus pas l’appel de Red 3 signalant qu’il était attaqué. Ce n’est que 5 minutes plus tard que je pus le contacter et je lui dis de rejoindre le groupe le plus proche de lui en pensant que le Lt Moriarty était avec lui.
Je ne vis pas l’action dans laquelle ils furent impliqués.

Dans le MACR figure un document de la Military Intelligence Division W.D.G.S.
(Divion Militaire du Renseignement, Département Guerre, Etat Major Général.)

La qualité de ce document est mauvaise, mais on peut cependant en retirer les informations suivantes :
Les informations, en date de janvier 1944, viennent d’une source Luxembourgeoise.
Le 2Lt Russell Moriarty, pilotant un P-47 Thunderbold, fut abattu le 30 décembre 1943 à Bertrix, dans la province belge de Luxembourg. Il souffrait de graves brûlures et fut soigné par la population locale. Il fut capturé par les allemands et fut détenu au camp Stalag Luft 1, près de Barth, en Allemagne.

lundi 28 novembre 2016

Crash d'un P38 à Chêne al Pierre le 23 déc.1944


P-38-J 10 -  N° 42-68081   474e FG - 428e FS   MACR 11425
Sources: MACR 11425
Gary Koch, Historien du 474e Fighter Group
Le 23 décembre 1944, le 474e Fighter Group décollait de la base de Florennes pour une mission de bombardement dans la région de St Vih. Le Lt Knox ne revint pas de cette mission.

Témoignage du Lt Richard  E. Johnston:
Je volais en position Yellow 3 lors d’une mission de bombardement en piqué. Nous avions décollé de notre base à 14h00, le 23 décembre 1944. Nous fûmes dirigés par le contrôle Booty vers St Vith pour détruire une colonne de chars en stationnement.
Tandis que nous volions en cercle à l’altitude de 7000 pieds, un canon de 88 mm monté sur un camion tira une salve qui atteignit l’avion piloté par le Lt Adrian V. Knox.
Il coupa immédiatement son moteur gauche et appela Sweepstakes (le contôle).
Nous prîmes le cap de 210° et j’examinai son avion. De l’huile s’écoulait le long de tout le dessous de l’appareil. Son moteur droit fonctionnait toujours, mais il avait une perte d’huile et une perte de liquide de refroidissement.
Vers 15h25, le Lt Knox signala que le moteur perdait de sa puissance et qu’il devait sauter en parachute. A une distance de 500 pieds, je vis la verrière s’ouvrir et quelque chose en sortit, c’aurait pu être le pilote, ou une carte. Je ne pus pas voir le parachute ouvert. L’avion entama une légère descente et s’écrasa un moment plus tard. J’appelai Sweepstakes et cerclai au dessus de la zone tandis que le contrôle déterminait la position. Aucun parachute n’était visible au sol.


Commentaire de Gary Koch, historien du 474e Fighter Group:
L’avion était un P-38J-10-LO, numéro de série 42-68081, 7Y-G. Cet avion appartenait au 429e Fighter Squadron.
Le Lt Adrian V. Knox était affecté au 428e Fighter Squadron.
Le Lt. Knox fut touché par le tir d’un canon de 88mm de la flak venant de la ville de St Vith en Belgique, ou des campagnes et des bois situés au nord de la ville.
Le Lt. Knox, escorté Par le Lt. Johnston, retourna en direction de la base après avoir été touché, mais son avion prit rapidement feu. Le Lt. Knox fut forcé d’abandonner son avion avant d’avoir atteint le territoire ami à cause du feu qui se déclara rapidement.
Il sauta de l’avion vers 3500 pieds, à l’ouest de Stavelot, tandis que le P-38 descendait.
Il apparaît que son parachute ne s’ouvrit jamais complètement et il fut tué.
Le Lt. Knox était de Davidson, en Caroline du Nord.


Carte montrant le lieu du crash suivant les coordonnées du MACR.
Remarque: Les coordonnées du MACR ne sont pas toujours exactes. Il s’agit donc d’une indication approximative.

mercredi 26 octobre 2016

Crash d'un P-47 à Kalterherberg le 9 mai 1944

Le P-47 42-26272 du Lt Rodgers (Photo: Littlefriends.com)
P-47D-22-RE  „Angel Eyes“  - N° 42-26272
356e Fighter Group - 361e  Fighter Squadron

MACR: 7614
Le 09 mai 1944, le 361e Fighter Squadron du 356e Fighter Group décollait de sa base anglaise de Martlesham Heath pour escorter des bombardiers partant en mission au dessus de l’Allemagne. Mais le mauvais temps modifia le programme… 

Témoignage du 1Lt Edward Faison:
Lors de la première mission du 9 août 1944, je dirigeais le White Flight. Il nous fut impossible de contacter les bombardiers à cause des conditions météorologiques. C’est ainsi que nous revînmes en essayant de repérer des objectifs au sol. Nous laissâmes le Red Flight mitrailler un train qui fut  détruit et nous continuâmes notre vol. Nous repérâmes un camion à environ 40 kilomètres au SSE de Liège et je signalai au Flight que je serais tout de suite de retour. Cependant, les autres me suivirent et je leur demandai de me rejoindre tandis que je manquai le bon cap. Le Lt Rodgers, Withe #2, ne nous rejoignit pas. Je l’appelai deux fois mais je ne reçus aucune réponse. Je remarquai des « traçantes » dans nos environs et je pensai que White #2 avait peut-être été touché. Aucun pilote du Flight ne le vit s’écraser et aucun feu ne fut signalé dans les environs. Nous grimpâmes à 10000 pieds et nous rentrâmes à la base.

Le rapport allemand J-1903 signale que Robert Rodgers fut capturé près de Kalterherberg, à 6 kilomètres au sud de Monschau (Montjoie) avec la précision suivante : « Zone du camp d’entraînement d’Elsenborn ».
Dans le questionnaire du MACR, le Lt Rodgers signale qu’il n’a pas sauté en parachute, il a donc effectué un atterrissage d’urgence sur le ventre.

Voici un extrait des informations supplémentaires trouvées dans l’avis mortuaire du
Lt Rodgers qui est décédé le 07 août 2009 :
Peu après avoir effectué un straffing sur un camion allemand, le P-47 de Bob fut abattu dans l’est de la Belgique. Ses jambes étaient déchiquetées par les éclats de l’obus de 20mm qui avait abattu son avion. Il fut capturé par les allemands et transporté dans un hôpital.
Lorsqu’il eut récupéré suffisamment, il fut transféré dans le Stalag Luft III qui fut immortalisé par le film  « La Grande Evasion». Il fut plus tard envoyé dans une prison près de Munich où il fut libéré par les troupes du Général Patton en avril 1945.

Kalterherberg se situe à la frontière belge, non loin du célèbre champ de tir d’Elsenborn

dimanche 21 août 2016

Crash d'un P-47 à WARNACH le 24 déc. 1944

Un P-47 du 362e Fighter Group
P-47D-21  - N° :  43-25548    362e FG - 378e FS

MACR : 11417
Le 24 décembre 1944, le 378e Fighter Squadron du 362e Fighter Group effectuait une mission de support dans la région de Bastogne. C’est en jeep que le Lt Richard K. GRANT revint de cette mission.

Témoignage du Lt Donald STODDARD.
Source: MACR 11417

Je volais en position Yellow leader lors d’une mission de bombardement en piqué. Notre objectif était le village de Sainlez, en Belgique. Ayant repris de l’altitude après le piqué, je vis Yellow 2 arriver derrière moi. Il signala par radio que son moteur s’était coupé et qu’il ne parvenait pas à le faire redémarrer. Il avait largué son réservoir ventral au napalm sur l’objectif, mais il avait encore ses deux bombes de 500 livres. Nous lui donnâmes comme instruction de mettre le cap au sud. C’est ce qu’il fit mais il perdait rapidement de l’altitude. Blue leader le contacta et lui dit de se délester de ses deux bombes. Ironclad, notre contrôleur, lui signala qu’il valait mieux sauter en parachute car le terrain était impraticable pour un atterrissage d’urgence sur le ventre.
Il sembla évident à Grant qu’il réussirait cet atterrissage et il resta à bord de son avion. Il passa sous une ligne à haute tension, toucha le sol doucement au sommet d’une colline, descendit de l’autre côté et s’écrasa plus bas dans un ruisseau. L’avion fut disloqué d’une façon très marquante mais ne prit pas feu.  Deux minutes plus tard, Ironclad ou l’un de ses hommes arriva en jeep sur le lieu de l’accident. Pendant que je cerclais avec les deux autres pilotes de mon Flight, je vis la jeep quitter les lieux et je terminai ma mission.

Dans son livre « Patton and the Battle of the Bulge », Leo Barron relate le même incident en ajoutant que le Lt Grant fut blessé lors de cette aventure.

Le plan du MACR indique que l’atterrissage d’urgence s’est effectué près de Hotte.
Cependant, Monsieur John Derneden, chercheur luxembourgeois, nous confirme qu’il s’agit d’une erreur. C’est en réalité près de Warnach que le Lt Grant s’est posé.


Photo satellite montrant l’indication MACR et le point de chute réel

vendredi 1 juillet 2016

Crash d'un P-47 à Schumannseck le 23 décembre 1944

Les débris du P-47du Lt Foster. (Photo: 362e Fighter Group)
P-47D-20 - N°  42-76437 “Street Cleaner“   362e FG - 378e FS   MACR : 11435
Le 23 décembre 1944 fut un jour spécial pour le 362e Fighter Group. Celui-ci effectua 10 missions totalisant 107 sorties. Lors d’une de ces missions, le 378e Fighter Squadron escortait des C-47 allant ravitailler Bastogne. Les P-47 avaient cependant emporté des bombes et ils bombardèrent des véhicules ennemis dans la région de Bastogne.
Le Lt William B. FOSTER ne revint pas de cette mission, il dut effectuer un atterrissage forcé.

Témoignage du Lt Richard D Law.
Source: MACR 11435

Le Lt Foster volait en position N° 4 dans le Blue Flight lors de la mission W-51-1. Ceux du  Blue Flight transportaient 3 bombes à fragmentation et bombardèrent quelques véhicules et blindés dans le voisinage de Bastogne. Nous fîmes 3 passes sur la colonne et, en remontant de la dernière passe, le Lt Foster signala que son moteur était en panne. Un bref instant plus tard, il signala que tout était de nouveau ok.
Alors que nous avions déjà repris notre vol depuis deux minutes, le Lt Foster signala qu’il devait effectuer un atterrissage d’urgence sur le ventre. Je demandai immédiatement à RIP3, notre contrôleur, de nous donner la position et il indiqua les coordonnées P-5046. (Ce qui correspond à
49.53.43N - 5.38.52 E)

Le Lt Foster effectua un bon atterrissage, sauta hors de l’avion, me fit un signe, puis il disparut.
Je pus observer 3 véhicules dans la zone du crash : une ambulance qui s’éloignait du lieu du crash, un véhicule qui passait tout près, et un autre qui s’arrêta au bas de la route.
Les véhicules ne portaient aucun signe distinctif, mais ne montrèrent aucune attitude hostile.

Suivant son avis de décès, le Lt Foster fut fait prisonnier ce jour-là.

Il est décédé le 25 février 2008 à l’âge de 86 ans.


Les coordonnées du MACR indiquent que l’atterrissage d’urgence s’est effectué près de Burnon.

Cependant, Monsieur John Derneden, chercheur luxembourgeois,  a été en contact avec le Lt Foster et il confirme que le point de chute se situe en réalité à Schumannseck (GD Lux).

dimanche 12 juin 2016

Crash d'un B24 à Wideumont le 12 avril 1944

445ème BG
700ème BG

B-24J-125-CO  -  N° 42-110021  445e BG -700e BS      MACR 4057

Cet  article a été rédigé sur base des documents suivants :
- E&E Reports #2067, #2086  #,2118, #2191-
 - MACR 4057 - KU 1508 - KU 719 A -
- 445e Bomb Group Website -
- Aviation Archaeological Investigation & Research -
- Accidentreport.com -
- Interview de Nicholas VARGO (mécanicien de bord) par T.Swope du Veterans History Project.-

Le 12 avril 1944, 455 bombardiers lourds décollèrent de leurs bases anglaises pour aller bombarder différents objectifs en Allemagne. Mais les conditions météorologiques très défavorables causèrent d’importants problèmes dans l’assemblage des formations et la mission dut être supprimée. Cependant les bombardiers le la 2e Air Division ne furent rappelés que lorsqu’ils eurent atteint la frontière allemande. C’est là qu’ils furent attaqués par des chasseurs ennemis et cinq B-24 du 445e Bomb Group furent abattus.

Un de ceux-ci, le B-24 42-110021, s’écrasa dans nos Ardennes après que l’équipage ait sauté en parachute.

Equipage du B-24 41-110021:

Pilote

1Lt
Herbert W. SCHULTZ
PG
Co-pilote
2Lt
Robert M. OWEN

PG

Navigateur
2Lt
Thayne W. TOMPKINS
PG
Bombardier
2Lt
Eugene J. STEPKO
PG
Mécanicien
T/Sgt
Nicolas S. VARGO
PG
Radio
T/Sgt
John E. BROCCO
PG
Mitrailleur ventral
S/Sgt
Robert H. MURRAY
EVD
Mitrailleur latéral
S/Sgt
John C. COLEMAN
EVD puis PG
Mitrailleur latéral
S/Sgt
Herbert TOLLIVER
EVD
Mitrailleur arrière
S/Sgt
Harold R. KANAS
EVD

Le rapport allemand allemand KU 1508, signale la chute d’un Liberator le 12 avril 1944
« à 11km au nord de Neufchateau (Wideumont,) 52 km à l’est de Charleville » en précisant qu’il y avait « 10 fugitifs ».

Quatre hommes d’équipage furent pourtant capturés rapidement :
- Herbert W. SCHULTZ  a été capturé le 12 avril 1944 vers 14h00 près de Grand-Halleux, il était en uniforme.
Il fut transféré rapidement vers un camp de prisonniers.
- Robert M. OWEN  a été capturé le 12 avril 1944 vers 14h00 près de Grand-Halleux, il était en uniforme.
Il raconte « qu’il a eu une jambe cassée sautant de l’avion qui était en feu ».
- John E. BROCCO a été capturé, mais nous ne disposons d’aucune précision concernant le  lieu et l’heure.
Au moment de quitter l’avion, il a été touché à une jambe par les tirs d’un chasseur ennemi et il fallut amputer cette jambe. 
- Nicolas S. VARGO  a été capturé le 12 avril 1944 vers 20h30 dans les bois de Grand-Halleux, il portait des vêtements civils. Il fut blessé par un éclat de shrapnel.
Voici quelques extraits de son interview:
« Nous fûmes attaqués par des chasseurs. Nous avons dû être touchés aux ailerons et nous quittâmes la formation en amorçant une descente.
Nous étions aux environs de 25000 pieds quand le signal d’évacuation fut donné. Les gars de l’arrière sautèrent les premiers.
J’étais dans la tourelle supérieure et le radio (John Brocco) me tira par la jambe en me disant de venir. Nous descendîmes vers la soute à bombes pour nous préparer à sauter.
Cependant, le pilote et le co-pilote étaient toujours à leur poste et ils réussirent finalement à stabiliser l’avion. Je regardai John et nous remontâmes à notre poste.
A ce moment, deux chasseurs ennemis venaient vers nous, pensant apparemment que nous étions morts. J’ouvris le feu et je pense que je les ai touchés tous les deux, mais comme j’étais dans la tourelle, supérieure je ne pus pas les voir descendre et je ne connus pas leur sort.
Finalement, Brocco vint me rechercher et nous redescendîmes vers la soute à bombes. Nous étions prêts à sauter quand un autre chasseur arriva par en dessous et ouvrit le feu.  
John reçut un coup direct juste au-dessus de la jambe, j’étais juste à côté de lui et je reçus  un éclat de shrapnel. Le réservoir d’essence situé au-dessus de nous fut touché et une grosse explosion me projeta hors de l’avion.
Je ne me souviens pas d’avoir sauté, l’avion a explosé. Je fis cependant un bon atterrissage, j’étais brûlé au visage et je ne savais pas où j’étais ».

Nicholas Vargo fut immédiatement aidé par des civils qui lui dirent qu’il était en Belgique et ils le conduisirent à l’abri dans les bois. On lui fournit des vêtements civils et on lui  prodigua les premiers soins au visage.
Il discutait avec ses sauveurs quand soudain il aperçut des allemands qui le recherchaient. Il s’enfuit en compagnie de deux belges mais ils rencontrèrent une autre patrouille allemande et c’est ainsi qu’il fut capturé.
Il fut conduit à l’hôpital de Bruxelles-St Gilles où il rencontra ses deux équipiers blessés : J. Brocco et R. Owen.

Après la capture de ces quatre premiers hommes, les allemands pensaient que leur bombardier était tombé au sud de Malmédy, comme en témoigne le rapport allemand
KU 719 A dont voici un extrait daté du 16 avril 1944 :

Après la capture des prisonniers de guerre dont le nom figure ci-dessus, nous avons appris que les aviateurs suivants appartiennent au même équipage et sont probablement toujours en liberté :
Lt. Stepko
Lt. Dopkins
Sgt C Cooleman
S/Sgt Kanas
S/Sgt Murray
S/Sgt Tollivey
           (Remarque: certains noms sont mal orthographiés)

Il est supposé que l’avion auquel appartient cet équipage a été abattu sur le sol allemand, probablement au sud de Malmédy. Mais il est possible (encore que cette supposition semble très improbable) que ces hommes soient des membres de l’équipage d’un Liberator abattu le 12 avril 1944 près de Wideumont, à 11 km au nord de Neufchateau (52 km à l’est de Charleville) et dont l’équipage est toujours en liberté.

Remarque : Il apparaît que des B-24 ont effectivement été attaqués et endommagés dans la région de Malmédy, mais nous n’avons trouvé aucune information concernant un B-24 qui se serait écrasé aux environs de cette localité à la date du 12 avril 1944.

Deux hommes furent capturés le 28 avril 1944 à Liège en compagnie de « brigands » :
- Eugene J. STEPKO
- Thayne W. TOMPKINS
Nous n’avons pas de précision concernant leur lieu d’atterrissage en parachute.

Des quatre équipiers restants, trois ont réussi à échapper aux allemands jusqu’à la libération, le quatrième a été capturé au mois de juillet.

- Robert H. MURRAY (Extraits du rapport d’évasion E&E 2191)
« Nous franchissions la frontière allemande quand nous fûmes attaqués par des chasseurs allemands. Notre avion fut touché et nous quittâmes la formation. Le pilote donna l’ordre d’évacuation, je fus le quatrième à sauter de l’avion.
J’ai atterri dans la cour d’une école au voisinage de La Gleize, en Belgique. Il me sembla que les belges m’attendaient. Un garçon de 16 ans déboucla mon parachute et prit mes autres équipements. Deux prêtres se trouvaient dans la foule autour de moi, ils m’emmenèrent dans un endroit qu’ils avaient marqué sur une carte. Là, je rencontrai quelques belges qui me cachèrent dans un bois. On me donna des vêtements civils et je fus emmené dans une ferme où j’ai rencontré le S/Sgt Kanas. Plus tard, Tolliver et Coleman furent amenés dans la même ferme. A partir de là, mon séjour fut organisé. »
Robert Murray termina son séjour clandestin dans la région liégeoise où il fut libéré par les américains.
Dans le MACR, Robert Murray  indique que le pilote a donné l’ordre d’évacuation lors de l’attaque par les chasseurs ennemis. Il précise aussi qu’il n’a pas vu de feu.

- Harold R. KANAS (Extraits du rapport d’évasion E&E 2118)
« Dès mon atterrissage, un jeune belge me conduisit dans un hangar où trois autres de ses copains me donnèrent des habits civils. Je fus alors conduit en voiture dans une maison où je rencontrai trois autres membres de mon équipage. Un de ceux-ci fut capturé trois mois plus tard. Je fus aidé jusqu’à ma rencontre avec les américains à Liège en septembre ».   
Dans le MACR, Harold Kanas indique qu’il a atterri à Rahier. Il précise  qu’il n’a pas vu d’incendie dans l’avion et qu’il n’a rien vu d’anormal.

- Herbert TOLLIVER (Rapport d’évasion E&E 2086)
Ce rapport indique simplement que le sort de Herbert Tolliver fut identique à celui de Harold Kanas.
Dans le MACR, Herbert Tolliver dit qu’il ne sait pas ce qu’il y avait d’anormal au B-24 quand le pilote a ordonné l’évacuation de l’appareil.

- John C. COLEMAN (Extraits du rapport d’évasion E&E 2067)
« J’ai atterri à Rahier, en Belgique, le 12 avril 1944 vers 14h00. Je fus conduit dans un bois pour la nuit puis dans une ferme où je rencontrai les S/Sgt Murray et le Sgt Kanas. Nous allâmes à Stoumont pour deux jours, puis à Florzé pour six semaines. Finalement, le 22 juillet 1944, les allemands me capturèrent à 3 miles de Liège. Je fus emmené dans une prison dans laquelle se trouvaient 400 à 500 civils. Je fus interrogé 6 fois avec des traitements de toutes sortes. Les allemands voulaient connaître les noms de mes aidants, mais je n’en donnai aucun.
Le 7 septembre les allemands entamèrent leur retraite. La prison fut ouverte et nous rejoignîmes les américains ».
Dans le MACR, John Coleman ajoute qu’il a séjourné un certain temps non seulement avec Rober Murray et Harold Kanas, mais aussi avec Herbert Tolliver qu’il n’a pas cité dans le rapport d’évasion.

Les allemands ont finalement attribué l’équipage du 1Lt Schultz au B-24 de Wideumont ainsi que l’indique l’extrait suivant du rapport KU 1508:


REMARQUE :
Nous avons vu plus haut que Nicholas Vargo parle d’explosion du B-24 et que Robert Owen signale qu’il était en feu.

On peut donc se poser la question suivante :

« Dans de telles conditions, comment ce B-24 a-t-il volé jusque Wideumont, à 53 km du point de chute de l’équipage ? 
Si cela est le cas, l’explosion était très faible et juste suffisante pour éjecter un homme déjà prêt à sauter. Si l’avion était en feu, celui-ci était vraiment peu important.»